Constat et approche


Notre constat :

Dans les ZEP, nombre d’élèves sont orientés vers des voies de garage ou sortent du système scolaire. Certains quartiers dits sensibles ont des taux de chômage qui plafonnent à des niveaux indécents, parfois supérieurs à 40% de la population. Les médias stigmatisent trop souvent les jeunes de banlieue qui n’ont pas la possibilité de développer leur propre expression. Sur le terrain, la police, qui n’est pas en mesure de régler tous les problèmes, est en confrontation directe avec les jeunes. Résultat : le malaise social s’intensifie dans un contexte où des discriminations perdurent. Les émeutes urbaines se sont multipliées ces dernières années mais la France continue à ne pas faire le nécessaire pour ses  banlieues. Il nous revient donc de nous prendre en main et de nous faire écouter.

Pour nous faire écouter, il est nécessaire de nous mobiliser. Or, un certain nombre de contraintes pèsent sur la volonté commune que nous pourrions avoir de nous rassembler. Les motifs de division, de clivage, sont légions : conflits entre quartiers, entre religions, entre communautés de toutes sortes. Aussi, les valeurs individualistes ont socialement progressé et prennent le pas sur les réussites collectives potentiellement à notre portée. D’ailleurs, le scepticisme vis-à-vis de l’action politique est bien ancrée dans les mentalités, et à raison puisque les citoyens des quartiers sont peu et mal représentés. Dans cette situation, il convient de s’organiser pour faire face à ces nombreux défis.

Notre approche :

Le CQFD est une organisation qui fédère sur la base de valeurs républicaines et laïques, pour ne pas adopter un positionnement qui exclut, et pour ne pas se fermer nous-mêmes à la diversité. Partant de là, nous prônons une démarche économique, sociale et politique inclusive, qui consiste à ce que les personnes issues de la diversité et/ou des quartiers s’intègrent à la société française, tout en gardant leur spécificité. Si nous sommes pour l’intégration, nous sommes contre l’assimilation que nous percevons comme une injonction identitaire.

Le CQFD n’a pas pour seul et unique but de dénoncer les injustices subies en restant extérieur aux solutions à apporter. Pour lutter contre les discriminations et promouvoir notre diversité, nous faisons des propositions concrètes visant à défendre nos intérêts et, plus largement, les intérêts d’une France qui ostracise ses banlieues, avec toutes les conséquences que cela peut avoir. Nous appréhendons les problématiques de manière constructive, pas comme  victimes de discriminations mais comme acteurs d’une République plus juste. Il s’agit de la meilleure manière de défendre nos droits à l’égalité des chances, de traitement et de considération, tout en assumant nos obligations.

Le CQFD constitue un maillon d’un réseau d’organisations œuvrant en faveur des personnes issues des quartiers. Dans ce cadre, nous travaillons avec toutes celles et tous ceux qui ont une compétence que nous n’avons pas, et qui sont légitimes à intervenir. En ayant recours au savoir-faire des uns et des autres, et en consolidant ces partenariats, nous pensons qu’il est possible d’avoir plus d’impact. Aussi, en créant une mobilisation la plus large possible, nous pourrons créer un rapport de force et peser sur les décisions politiques qui s’exercent sur nous.

La vocation du CQFD est de tendre, de manière pragmatique, vers une réelle égalité des chances pour prétendre à une réelle justice sociale.