Représentation qualitative et quantitative de la diversité française à la télévision

Situation

Avec internet, la télévision est le média le plus puissant car il touche quotidiennement plusieurs millions de téléspectateurs. Aujourd’hui, malgré quelques progrès symboliques tels l’arrivée d’Harry Roselmack sur TF1 ou la nomination de Christine Kelly au CSA, les personnes issues de la diversité ne sont toujours pas suffisamment représentées, que ce soit sur le plan qualitatif ou quantitatif. Quantitativement d’abord, les symboles ne suffisent pas à établir une véritable représentativité : encore faut-il que les personnes issues de la diversité soient présentes en nombre dans tous les corps de métier de cette industrie (journalistes, producteurs, scénaristes, acteurs…). Qualitativement ensuite, la stigmatisation des populations non-blanches est encore trop fréquente. Un exemple : il est souvent fait mention des origines d’une personne ayant commis un délit alors que cela n’apporte rien à l’information. Il s’agit ici d’un procédé classique pour insinuer que des individus d’origine étrangère sont responsables des phénomènes de délinquance.

Le chapitre 2 de la Charte de France Télévisions dédié à la responsabilité du diffuseur (source : http://charte.francetv.fr/), il est notifié que « Les chaînes de France Télévisions assurent l’honnêteté, l’indépendance et le pluralisme de l’information ainsi que l’expression pluraliste des courants de pensées et d’opinions, et ne [nuisent pas] à la bonne information du téléspectateur ». En ce qui concerne les banlieues, force est de constater que les principaux intéressés n’ont pas l’espace médiatique nécessaire et suffisant pour faire connaître leur point de vue et ainsi apporter une information équilibrée. Par ailleurs, que ce soit dans les publicités ou dans les films diffusés à la télévision, les jeunes de banlieue sont souvent cantonnés à des rôles stigmatisants voire caricaturaux. Tout cela est d’autant plus préjudiciable que la télévision renvoie une image de la société qui conduit les téléspectateurs à avoir une certaine image de la France, une image qui ne correspond pas à la réalité.

Proposition

Afin de garantir la promotion de la diversité à la télévision, le CQFD propose que les diffuseurs imposent aux producteurs de programmes et aux annonceurs de publicités une clause engageant ceux-ci à respecter une représentativité objective de la population française. De manière concrète, il s’agirait de faire figurer systématiquement cette clause sur tout contrat de préachat de programme, de coproduction chaîne /producteurs… Cette clause, constituant une condition sine qua non, doit inclure les dispositions suivantes :

a) La présence de la diversité « devant et derrière la caméra » : en effet, la diversité doit être visible à l’antenne dans les différentes émissions d’information, de fiction ou d’animation mais doit aussi être à l’œuvre dans la conception de ces émissions, donc dans les effectifs. Il en va de même pour les publicités.

b) La diversification des contenus pour que les thèmes abordés soient plus variés et reflètent mieux les différents milieux sociaux et ethniques. Pour les fictions à caractère historique financées pour tout ou partie par les chaînes TV, l’exactitude des faits devra être observée avec rigueur (ex : l’écrivain métisse Alexandre Dumas ne peut être incarné par Gérard Depardieu comme c’est la cas dans le film L’Autre Dumas sorti en février 2010).

c) La responsabilité des diffuseurs qui doit être engagée sur le choix de leur ligne éditoriale : afin d’éradiquer tout préjugé raciste, il est nécessaire que les différentes chaînes soient vigilantes à ce sujet afin que, par exemple, les minorités ne soient plus cantonnées dans des rôles caricaturaux.

Pour veiller à la bonne exécution de cette clause, les organismes de contrôle dédiés devront être sollicités, à savoir le CSA et la HALDE. Ces deux organismes devront constituer une commission indépendante avec un échantillon représentatif de téléspectateurs (issus de différents milieux socioculturels : quartiers favorisés et défavorisés, milieu agricole, milieu ouvrier…). Cette commission sera chargée de vérifier la réalité de cette diversité sur les plateaux, à l’antenne et dans les contrats. En cas de non respect de cette clause de représentativité, des sanctions financières devront être prévues. C’est ainsi qu’une véritable représentativité pourra être assurée.

Bénéfice

La télévision reflète, dans une certaine mesure, l’image que la société se fait d’elle-même. Le bénéfice attendu sera donc d’avoir une image plus conforme à la réalité de la situation française d’une part, et de donner une place plus importante aux personnes issues de la diversité d’autre part.

Source de la photo : television.telerama.fr

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