Amélioration de l’orientation via des ateliers de découverte métiers

Situation

En 2009, un tiers des collégiens n’a pas eu accès au lycée d’enseignement général alors que les programmes du collège sont conçus pour répondre à cette finalité. Si cette proportion constitue une moyenne nationale, elle est beaucoup plus proche des deux tiers en ZEP. Les élèves en difficulté sont orientés de manière assez systématique vers des « voies de garage ». Comme les métiers manuels s’adressent essentiellement aux élèves les plus faibles, cela traduit la hiérarchisation existante entre voie générale et voie professionnelle. Pour dévaloriser les apprentissages techniques, on ne s’y prendrait pas autrement. Le processus d’orientation, qui se base essentiellement sur les notes de l’élève, a fait la preuve de son inefficacité, et cela à différents niveaux. Tout d’abord en termes de méthode : demander à un élève ce qu’il veut faire plus tard n’est pas cohérent quand celui-ci n’a pas pu appréhender concrètement les parcours professionnels envisageables. En termes de moyens ensuite : le stage d’une semaine, l’entretien d’orientation obligatoire, et tous les supports mis à disposition, sont des outils qui interviennent trop tard (4e, 3e) et qui sont insuffisants pour que les élèves puissent nourrir leur réflexion, faire un choix et se motiver par rapport à ce choix. En termes de décision enfin : ce sont les enseignants qui, avant et lors du conseil de classe, exercent seuls le pouvoir de décision sans prendre suffisamment en compte l’avis des parents. A l’arrivée, le potentiel de nombreux élèves est sacrifié sur l’autel d’un processus d’orientation défaillant.

Proposition

D’après la circulaire de 1996, les choix d’orientation découleraient d’une construction progressive singulière à chaque élève, ce qui impliquerait une aide continue et personnalisée. L’orientation serait plus efficace quand elle délivre une information variée relative aux parcours possibles, un accompagnement des élèves basé sur des situations concrètes. Ainsi, pour permettre aux collégiens de se familiariser avec des activités professionnelles diverses, le CQFD préconise la mise en place d’ateliers de découverte professionnelle dès la 5e, et à raison de 4H par semaine. Ces ateliers se présenteraient sous forme de séances pratiques pendant lesquelles des professionnels de tous horizons (médecin, plombier, ancien de l’école…) viendraient faire découvrir leur activité aux collégiens à travers des mises en situation. Cela pourrait également prendre la forme d’une sortie sur un lieu d’exercice, dans une salle de tribunal pour découvrir le métier d’avocat par exemple. Cette mesure permettrait de palier à différents écueils :

a) Un atelier ne nécessite pas de recherche personnelle de la part de l’élève : les difficultés que peuvent rencontrer certains jeunes à trouver un stage digne de ce nom sont donc levées.

b) Un atelier, plus court et plus impliquant, assure une meilleure participation de l’élève : tels qu’ils s’effectuent actuellement, les stages de 3e mettent plutôt l’accent sur l’observation. A noter également que certains stages peuvent s’avérer inutiles sur le plan pédagogique.

c) Un atelier succédant à un autre, l’élève peut appréhender un large panel de professions pour se faire une idée plus précise de ce qui lui plaît, ce qui n’est pas forcément le cas lors d’un simple stage.

Amorcer cette phase de découverte en classe de 5donnerait du temps aux élèves ; ils disposeraient notamment d’une année pleine pour éviter, le cas échéant, la 4e Techno qui amène quasi-automatiquement vers les filières professionnelles. En outre, le processus de décision doit prendre plus en considération les vœux des familles et élargir la consultation à des acteurs qui connaissent l’élève hors cadre scolaire (associations, entraîneurs…). D’après un décret de 1990, le rôle du conseil de classe doit se limiter à présenter une proposition d’orientation : si les familles sont en désaccord, c’est au chef d’établissement d’engager un dialogue avec elles afin d’aboutir à une orientation négociée. Enfin, il est indispensable de créer des filières d’excellence pour la voie professionnelle afin de la revaloriser et abolir toute hiérarchisation des parcours scolaires.

Bénéfice

Cette mesure favorisera une orientation plus qualitative et plus performante.  En informant les collégiens de cette façon, un plus grand nombre d’entre eux sera à même de choisir une voie qui leur convient réellement et leurs chances de réussite ne seront pas hypothéquées par une orientation hasardeuse.

Source de la photo : cresspae.com