Réaménagement des rythmes scolaires au collège et au lycée

Situation

A la rentrée 2010, une centaine de collèges et de lycées avaient réaménagé leur journée de travail avec des cours le matin et du sport l’après-midi. Cette expérimentation qui s’étale sur trois ans (temps d’un cursus au lycée) concerne deux à quatre établissements par académie, à raison d’une à trois classes par établissement. Dans un premier temps, n’ont été retenues que les écoles volontaires qui disposent d’équipements adaptés. Cette décision, qui chamboule le rythme scolaire classique, a pour principal objectif de réfléchir à un emploi du temps plus équilibré et plus en phase avec l’épanouissement scolaire et personnel des élèves. De fait, ces derniers sont soumis à une situation paradoxale : des jours de classes peu nombreux mais extrêmement chargés. En misant sur le sport, les avantages recherchés sont multiples. Tout d’abord, le sport possède des vertus qui ne sont plus à démontrer : il défoule et permet de s’extérioriser, il détend, et il véhicule des valeurs éducatives reconnues (respect des règles, dépassement de soi, esprit d’équipe…). Ensuite, il constitue un moyen de valorisation pour certains élèves qui ne sont pas forcément des têtes de classe dans les matières habituelles.

Cette initiative, qui a aussi été conçue pour relancer le sport associatif scolaire qui ne compte qu’un petit million de licenciés, a des précédents. L’école à mi-temps, les allemands connaissent depuis longtemps : de l’école primaire au lycée, les cours s’arrêtent tous les jours à 13h30. Les élèves ont alors le choix de rentrer chez eux ou de rester dans l’établissement pour travailler ou pour pratiquer des activités culturelles et sportives. Mais cet emploi du temps allégé a une contrepartie : des vacances d’été moins longues, six semaines en Allemagne contre neuf en France. Quand l’académie de Créteil a proposé à sept lycées de tester un rythme « à l’allemande » en 2009, le lycée Jean Vilar à Meaux a relevé le challenge pour l’une de ses classes. Les programmes ont été retravaillés, et il a fallu trouver des structures sportives ainsi que des encadrants diplômés. Un an plus tard, le proviseur Bernard Lociciro se félicitait du résultat : « La moyenne de la classe est passée de 11 à 12,9. ». Cependant, même si ce dispositif est testé à plus grande échelle cette année, prévoir d’étendre cette expérimentation aux 11400 établissements secondaires buteraient sur quelques écueils : le volontariat du chef d’établissement et de ses équipes car, sans lui, pas d’expérience possible, et le manque d’installations sportives dans certaines zones. Et ce n’est pas l’enveloppe de 5000 euros mise sur la table pour aider les collèges et lycées qui vont se lancer qui peut être suffisante (Source pour cette partie : Le Monde, mardi 25 mai 2010, pages 2 et 3).

Proposition

Le réaménagement des rythmes scolaires en consacrant le matin aux cours classiques et l’après-midi aux activités sportives constitue une solution pertinente pour que les élèves du secondaire puissent s’épanouir et progresser. Or, comme évoqué ci-dessus, deux obstacles majeurs s’opposent à la généralisation de cette réforme : la volonté du chef d’établissement et le manque d’infrastructures sportives dans certains quartiers. C’est pourquoi le CQFD propose de mettre en œuvre cette nouvelle organisation au collège et au lycée en posant deux conditions préalables. Premièrement, les chefs d’établissements devront avoir une plus grande latitude pour développer un projet éducatif adapté au contexte spécifique de leur école : en procédant ainsi, les réticences des équipes pédagogiques devraient être levées pour partie. Deuxièmement, pour les écoles qui manquent cruellement d’installations sportives de proximité et qui en réclament, l’Etat sera chargé d’étudier les demandes d’équipements, de financer leur construction, tout en essayant de mutualiser au mieux leur exploitation (cela pourra par exemple s’effectuer dans le cadre des intercommunalités). Par ailleurs, même si le sport possède de nombreuses vertus, les activités culturelles, et plus généralement de découverte, ne doivent pas être négligées. Comme en Allemagne, le CQFD préconise que les après-midi puissent également être dédiées à la culture (musées, expositions, pièces de théâtre…), ou à des ateliers de découverte professionnelle (voir Mesure 6). Les élèves doivent pouvoir choisir « à la carte » ce qu’ils veulent faire mais, pour s’assurer de la variété des activités pratiquées, chacun des pôles (sport, culture, ateliers métiers) doit être soumis à un volume horaire mensuel minimum et obligatoire. De plus, pour compenser la baisse du nombre d’heures travaillées par jour, et ne pas accuser de retard sur les programmes, le CQFD propose là-encore de s’aligner sur ce qui se fait outre-Rhin : raccourcir les vacances d’été à six semaines, soit trois semaines de moins qu’aujourd’hui. Enfin, la période du lycée doit permettre d’organiser une montée en régime du nombre d’heures de cours en vue du cycle d’études supérieures : le travail l’après-midi pourra donc être réintroduit au fur et à mesure.

Bénéfice

Ce rééquilibrage de la journée de travail permet d’apporter une réponse plus adaptée à des jeunes dont l’épanouissement scolaire ne passe pas uniquement par les matières classiques. Pour les élèves de ZEP, cette solution est d’autant plus appropriée qu’elle permet de mettre à leur disposition des infrastructures sportives, de mieux canaliser leur attention et leur énergie. Aussi, le fait de raccourcir les vacances d’été ne leur est pas préjudiciable si l’on considère qu’un certain nombre d’entre eux ne partent pas du tout.

Source de la photo : paperblog.fr