Limitation du nombre d’élèves par classe à 18 en ZEP

Situation

Les ZEP ou Zones d’Education Prioritaire sont des zones où les écoles sont censées être dotées de moyens supplémentaires et d’une plus grande autonomie pour faire face aux difficultés d’ordre scolaire et sociale, pour « donner plus à ceux qui en ont le plus besoin ». Le nombre d’élèves en difficulté est effectivement plus important dans ces établissements, ce qui rend le travail des enseignants plus compliqué. Or, on peut aujourd’hui s’interroger sur l’efficacité réelle de ce dispositif qui date de juillet 1981 si l’on se base sur le seul critère ayant du sens : la réussite des élèves. D’ailleurs, selon une étude de l’INSEE portant sur la période allant de 1982 à 1992, « la mise en place des zones d’éducation prioritaire n’a eu aucun effet significatif sur la réussite des élèves ». En 2007, le Réseau Ambition Réussite (RAR) a été mis en place comme un plan de relance à l’éducation prioritaire. On comprend bien que les effets vertueux se font toujours attendre et que, pendant ce temps, nombre d’élèves en pâtissent. Le véritable enjeu est aujourd’hui de cibler les quelques mesures susceptibles d’avoir un impact positif et direct sur la scolarité des élèves situés en ZEP. Sachant qu’il y a actuellement 707 ZEP dans toute la France, et que ces ZEP regroupent 8836 écoles et collèges, il est aujourd’hui vital d’obtenir des résultats concluants. D’ailleurs, ces ZEP étant réparties inégalement sur tout le territoire (32% des établissements parisiens sont en ZEP contre 5% dans l’académie de Caen), ce sont des zones entières qui sont pénalisées par une politique qui consiste à donner plus mais pas à donner mieux.

Proposition

Quels que soient les moyens financiers mis à la disposition des établissements ZEP, les moyens humains sont les plus à même de résoudre les situations complexes qui peuvent être vécues par certains élèves. D’ailleurs, plus un élève est en difficulté, plus il a besoin d’une écoute spécifique et d’un suivi personnalisé. Or, quand une classe comporte un trop grand nombre d’élèves qui ne sont pas au niveau, pour des raisons internes ou externes à l’école, la mission de l’enseignant devient quasiment impossible. C’est pourquoi nous proposons de limiter strictement le nombre d’élèves par classe à 18 dans les zones ZEP. Ce nombre est aujourd’hui de 21,3 élèves par classe en moyenne, contre 23,8 hors ZEP. Cette mesure pouvant se heurter à des impossibilités structurelles ou humaines (manque de locaux, manque d’enseignants), voici les différents scénarii à exploiter pour que cette mesure reste applicable dans la plupart des cas :

a) L’établissement dispose d’infrastructures lui permettant de réduire strictement le nombre d’élèves par classe à 18 : la mesure doit s’appliquer sans restriction, quitte à recruter de nouveaux professeurs.

b) L’établissement n’a pas la possibilité d’ouvrir de nouvelles classes par manque d’espace. Dans ce cas, deux solutions alternatives peuvent être appliquées : faire appel à des professeurs à la retraite qui seraient volontaires pour seconder un professeur ayant une classe de plus de 18 élèves ; baisser l’effectif moyen des classes ZEP de 21,3 à 18 élèves en augmentant la taille des classes hors ZEP dans les mêmes proportions (une étude réalisée aux US démontre que cet ajustement augmente la moyenne générale des classes ZEP sans que le niveau des classes hors ZEP ne diminue).

Bénéfice

Dans une classe limitée à 18 élèves, ces derniers pourront bénéficier d’un meilleur encadrement. Contrairement aux grandes classes où l’ambiance est plus académique, les relations entre maître et élèves, et entre élèves, sont plus chaleureuses et plus nombreuses dans les petites classes. L’élève a ainsi la possibilité de s’épanouir à l’école et ses chances de réussite sont renforcées. Toutefois, la diminution d’effectif doit nécessairement s’accompagner d’un changement de pédagogie.

Source photo : lexpress.fr