Pétition en faveur des banlieues de France

20 December 2011 par  
Classé dans Pétition quartiers et diversité

En ces temps de crise financière, économique et sociale, il est nécessaire de rappeler que les quartiers défavorisés de France connaissent une situation de crise permanente depuis plus de 30 ans.

Plus de 100 000 jeunes sortent du système scolaire chaque année. Une part importante de ces jeunes se situe en ZEP, au sein de quartiers dits sensibles. A ces élèves déscolarisés, il faut ajouter le nombre non moins conséquent d’élèves qui sont orientés vers des voies de garage. Si l’on considère l’ensemble de ces enfants, qui pâtissent d’un système éducatif déficient, l’école est loin de remplir l’une de ses missions principales : former des citoyens. Dans nombre de cas, elle enlève toute chance de réussite à des enfants non dénués de talents mais qui sont prématurément mis sur la touche. Quand une majorité de citoyens sont destinés, dès le plus jeune âge, à vivre à la marge, comment peut-on imaginer la moindre piste d’amélioration crédible  ?

Dans ces mêmes quartiers, les taux de chômage plafonnent à des niveaux indécents, parfois supérieurs à 40% de la population. Ces taux peuvent même aller jusqu’à 70% pour les jeunes hommes. Dans ce contexte, qui résulte directement des échecs scolaires de masse, un terreau de premier choix se crée pour le développement et la pérennisation d’une économie parallèle constituée de trafics en tous genres. Chacun ayant besoin de ressources pour subsister, cette économie parallèle fait office d’économie de substitution quand l’économie formelle est aux abonnées absentes. L’Etat ne joue pas son rôle : nous sommes donc en droit de nous demander si ce marasme n’est pas, en réalité, une situation qui satisfait les plus hautes instances.

Les habitants de quartier sont souvent stigmatisés dans les médias sans qu’ils puissent s’exprimer et défendre leur point de vue. Cela contribue à enfermer le grand public dans une image uniformisante et négative des personnes qui résident en banlieue, notamment des jeunes. Plus généralement, et malgré quelques améliorations symboliques, les médias ne sont pas le reflet de la diversité de la France, et donc de la richesse de notre pays.  Ils se cantonnent à ne représenter qu’une partie de la population, renvoyant ainsi une image tronquée de ce que sont les français. Cet aspect est criant dans le paysage cinématographique, ou concernant la musique hip-hop qui est encore ostracisée après plus de 20 ans d’existence.

Pour assurer la sécurité publique, l’Etat ne trouve pas mieux que de diligenter sur le terrain une police dont l’expérience est limitée, en sous-effectif et en manque de moyens. Celle-ci, se trouvant en confrontation directe avec une population en difficulté, avec des jeunes qui nourrissent un ressentiment vis-à-vis des institutions, n’est pas en mesure de régler tous les problèmes et commet des bavures. C’est dans ce cadre que les émeutes urbaines se  sont multipliées et intensifiées : des Minguettes en 1981 à Villiers-le-Bel en 2007 en passant par toute la France en 2005, la détérioration de la situation est croissante. Malgré l’écho médiatique retentissant de ces émeutes, tout est remis sous le tapis une fois le calme revenu, et les mesurettes proposées n’ont pas vocation à changer la donne.

La question suivante doit donc se poser : que faut de plus à nos politiques pour qu’ils apportent des solutions à la hauteur des enjeux ? La France ne se soucie que trop peu de ses banlieues, c’est pourquoi nous devons nous prendre en main et nous faire écouter. Alors que nombre de discriminations perdurent, il est essentiel de nous rassembler pour faire face aux injustices liées à notre provenance sociale et à la couleur de notre peau. Il faut nous rassembler pour être pris en considération. Il faut nous rassembler pour arrêter de subir les décisions qui s’exercent sur nous. De la manière dont les choses se préparent, il y a fort à parier que les quartiers sensibles soient, une fois de plus, le parent pauvre des prochaines élections présidentielles et de celles qui suivent.

Dans cette configuration, nous nous engageons à être force de proposition sur l’ensemble des solutions à apporter pour faire sortir les quartiers difficiles de l’ornière. Nous vous proposons de signer cette pétition en vue des prochaines échéances électorales pour afficher votre soutien et votre mobilisation pour que la situation des quartiers sensibles évolue favorablement et fasse l’objet de toutes les mesures vitales dont ils ont besoin. A cet égard, nous faisons des propositions concrètes (voir la rubrique « Nos propositions » de notre site www.ladynamiquecqfd.org) dans tous les domaines pour appréhender les problématiques de manière constructive. Ainsi, nous nous posons comme acteurs d’une République plus juste, et non comme simples victimes. Il s’agit de défendre nos droits à l’égalité des chances, de traitement et de considération, tout en assumant nos obligations.