Mort de Zyed et Bouna : le parquet réclame un non-lieu pour les policiers

6 June 2013 par  
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Le parquet général de Rennes a réclamé un non-lieu pour les deux policiers, accusés de “non assistance à personne en danger”. Les deux adolescents avaient trouvé la mort en octobre 2005 à Clichy-sous-Bois après une course-poursuite avec la police.

Nouveau rebondissement dans l’affaire Zyed et Bouna. L’avocate général de la cour d’appel de Rennes, Hélène Catton, a demandé ce mardi un non-lieu pour deux policiers qui s’étaient livrés à une course-poursuite derrière les deux adolescents en octobre 2005 à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Ces derniers ont péri électrocutés dans le transformateur EDF où ils s’étaient réfugiés.

Après la cassation en octobre dernier d’un non-lieu dans cette affaire, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a examiné le dossier mardi et rendra sa décision le 20 septembre. La mort des deux jeunes gens avait provoqué une vague d’émeutes dans les banlieues françaises. Initialement, les policiers avaient été renvoyés en correctionnelle pour “non-assistance à personne en danger”.

De la “poutinerie”

Me Jean-Pierre Mignard, l’un des avocats des familles des adolescents, s’est dit “surpris” par les réquisitions de l’avocate générale Hélène Catton, et a plaidé le renvoi en correctionnelle des policiers impliqués dans l’affaire.

“L’insolite de cette affaire, c’est qu’au bout de huit ans, il y a toujours un blocage pour qu’elle soit jugée comme si on craignait que, lors d’une audience publique, un certain nombre de faits soient établis”, a dit l’avocat parisien à la presse à l’issue de l’audience qui s’est tenue à huis clos ce mardi.

Son confrère de Bobigny, Me Daniel Merchat, qui défend les deux policiers mis en cause et trois autres fonctionnaires au statut de témoins assistés, s’est dit “satisfait” des réquisitions du parquet général. “Renvoyer (en correctionnelle) des personnes contre lesquelles il n’y a aucune charge, j’appelle cela de la poutinerie”, a-t-il déclaré à la presse, en référence au président russe Vladimir Poutine.

“Il n’y a qu’un seul pays dans lequel en ce moment on juge des gens contre lesquels il n’y a pas de charge, c’est la Russie. Quand il n’y pas de charge ça s’appelle un non-lieu”, a ajouté l’avocat qui a également qualifié de “flicophagie”, la position de la partie civile.

Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, sont morts électrocutés le 27 octobre 2005 dans un transformateur EDF où ils s’étaient réfugiés lors d’une course-poursuite avec la police. Un troisième adolescent, Muhittin Altun, 17 ans au moment des faits, avait été grièvement brûlé. L’affaire avait été le déclencheur de trois semaines d’émeutes urbaines dans les banlieues françaises.

Source : Par LEXPRESS.fr, publié le 04/06/2013.

Contrôle de Police : vous êtes filmés

1 April 2013 par  
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Alors que l’idée d’une délivrance d’attestation lors d’un contrôle policier semble s’éloigner, c’est un nouveau dispositif que la police de Nîmes à présenter: La Camera-piétons. En effet, vendredi 30 mars, ont été présentées, des “caméras-piétons”, qui seront portées par les fonctionnaires chargés de la sécurité sur la voie publique pour filmer leurs interventions lors de contrôles d’identité ou routiers, avec l’ambition d’éviter les critiques sur le choix des personnes contrôlées. L’expérimentation est prévue pour une durée de six mois.

“La justice nous demande de plus en plus de prouver”, a expliqué Gil Andreau, le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) dans le Gard. “Ces caméras ont une utilité pour les contrôles d’identité. On nous a souvent critiqués pour des contrôles au faciès. Là, nous aurons les images, que l’on conserve six mois. Elles montreront dans quelles conditions s’est passé le contrôle. Je crois que nous n’avons rien à cacher”, a-t-il ajouté.

“Le dispositif a été testé il y a quelques années en Seine Saint-Denis. Cela a tendance à dédramatiser et apaiser les relations entre la population et la police”, a-t-il souligné. Ces caméras s’accrochent à la veste du fonctionnaire de police et disposent d’un objectif orientable avec prise de son. C’est au porteur de la caméra d’enclencher l’enregistrement. Les caméras-piétons vont en particulier être utilisées dans les zones de sécurité prioritaire (ZSP) mises en place par le ministère de l’intérieur.

Si l’expérimentation est validée, ce dispositif pourrait être étendu à tous les policiers en tenue. Ces caméras-piétons sont commercialisées par la société Exavision, basée à Milhaud, dans le Gard. Leur coût unitaire est de 1 000 euros.

Source: Le monde

L’empowerment, nouvel horizon de la politique de la ville

10 February 2013 par  
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Nacera, trésorière de l'association des habitants du sud-ouest d'Echirolles, fait partie du projet d'empowerment lancé dans l'agglomération grenobloise.

 

C’est le nouveau mot à la mode dans les cercles de la politique de la ville. Empowerment. Depuis quelques mois, travailleurs sociaux, associatifs, professionnels de la politique de la ville, élus, ne jurent plus que par ce terme venu d’outre-Atlantique. Le ministre de la ville François Lamy s’en est emparé en nommant à la coprésidence d’une mission sur la participation des habitants la sociologue Marie-Hélène Bacqué, spécialiste de l’ “empowerment”.

Conscient que sa concertation sur la réforme de la géographie prioritaire ou l’installation de nouveaux contrats de ville ne suffiraient pas à redonner du souffle à une politique de la ville en bout de course, le ministre a décidé d’intégrer ce nouvel outil et ainsi d’afficher une politique de gauche qui ne coûte pas très cher.

L’empowerment semble devenu le nouvel horizon de la politique dans les quartiers. Il a fait l’objet d’un colloque de l’Ecole nationale des travaux publics en 2012. Il fut au coeur de la contribution de Jacques Donzelot sur les banlieues pour Terra Nova, durant la campagne présidentielle. Le réseau Amadeus des directeurs de la politique de la ville a mis en place une mission pour collecter les expériences françaises. Même le très sérieux Conseil d’analyse stratégique s’est penché sur le sujet en septembre.

L’ empowerment n’a pas de traduction adéquate – sinon le néologisme québécois “capacitation”. Venue des cités de Chicago dans les années 1930, reprise par les mouvements noirs et féministes dans les années 1970 puis par la campagne d’Obama en 2008, l’expression désigne le processus qui permet aux individus de prendre conscience de leur capacité d’agir et d’accéder à plus de pouvoir. Devant le sentiment d’échec ressenti tant par les administrations ou les responsables de projets, l’envie de renouveau est patente. Les travailleurs sociaux s’interrogent sur leur utilité et cherchent d’autres formes d’interventions. “On est au bout d’un cycle, celui où on imposait par le haut les politiques et projets aux habitants des cités. Il faut revitaliser et accompagner les dynamiques autonomes citoyennes”, dit Isabelle Fouché, coordinatrice du collectif Pouvoir d’agir.

“RENDRE UNE VOIX ET DU POUVOIR AUX SANS-VOIX”

Quant aux associations, voilà des années qu’elles travaillent chacune dans leur coin et aspirent à faire entendre autrement la voix des habitants. Elles sont la preuve qu’existe un potentiel considérable dans les quartiers et elles demandent à ce qu’il soit reconnu. “Beaucoup partagent cette idée de redonner de l’initiative et de repolitiser le débat dans les quartiers”, constate Mme Bacqué, qui copublie avec Carole Biewener L’Empowerment, une pratique émancipatrice (La Découverte, 160 p., 16 €), où elle explique comment “rendre une voix et du pouvoir aux sans-voix”.

Les expériences hexagonales sont encore peu nombreuses. Alors chercheurs et institutionnels scrutent la moindre action citoyenne dans les quartiers. Comme la mobilisation d’habitants de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour faire reculer le trafic de drogue. Ou ce collectif d’habitants de la Coudraie, à Poissy (Yvelines), qui a réussi à infléchir le projet de rénovation de la cité.

Lire A Grenoble, bâtir un contre-pouvoir pour se faire entendre dans les cités populaires

Autant d’initiatives qui permettent aux habitants de se faire entendre et de prendre confiance en leur force collective. En clair, de construire une conscience de quartier comme on parle de conscience de classe. Dans leur récent opus, Refaire la cité (Seuil-La République des idées, 128 p., 11,80 €), les sociologues Didier Lapeyronnie et Michel Kokoreff assurent qu’il y a urgence à “favoriser la constitution de collectifs s’érigeant en interlocuteurs incontournables et avisés”.

L’affaire n’est pas si simple dans un pays au fonctionnement politique centralisé, universaliste et construit autour de la puissance publique. Les maigres tentatives de démocratie participative, les échecs patents de consultation citoyenne dans les villes comme la suspicion envers tout début de mouvement d’organisation en communauté ont montré que les institutions et les élus sont peu enclins à partager leur pouvoir.

“ON N’EN PEUT PLUS DE CETTE PSEUDOCONCERTATION”

Il peut paraître encore plus étonnant de l’invoquer au sujet de la politique de la ville : la gestion des quartiers a donné depuis trente ans un système construit d’en haut par les techniciens de la ville et les politiques sans aucune interaction réelle avec les habitants des quartiers visés. “On n’en peut plus de cette pseudoconcertation organisée toujours selon le même schéma – trois réunions, un PowerPoint et toujours les dix mêmes habitants à qui on demande un avis sur un projet déjà ficelé”, assure David Bodinier, de l’Alliance citoyenne à Grenoble.

“Depuis le début des années 1980, au lieu de faire de la place à ces quartiers dans la vie démocratique, c’est un véritable agenda anti-empowerment qui s’est mis en place à la faveur de l’institutionnalisation de la politique de la ville”, constate Thomas Kirszbaum, chercheur associé à l’ENS de Cachan.

L’importation de l’empowerment pourrait donner, selon qui le pilote, des choses aussi diverses qu’une participation citoyenne améliorée donnant un peu de légitimité aux institutions locales, une cogestion des problèmes publics ou un véritable contre-pouvoir indépendant. M. Lamy sait qu’il est attendu sur ce dossier. Sur le terrain, beaucoup sont sceptiques. Avec une demande qui revient en boucle : “On attend enfin de voir reconnaître les habitants des quartiers non comme des cibles passives, mais comme des acteurs.”

 

source article et photo : lemonde.fr, le 7 février 2013

Droit de vote des étrangers : Ayrault se met en première ligne

10 February 2013 par  
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Jean-Marc Ayrault suivi de son directeur de cabinet Christophe Chantepy, à Matignon, le 4 janvier.

La situation est-elle en train d’évoluer concernant l’engagement présidentiel d’accorder le droit de vote aux ressortissants non communautaires aux élections locales ? Mardi 29 janvier en fin de matinée, Jean-Marc Ayrault lui-même a annoncé à la sortie de sa rencontre avec le groupe parlementaire Europe Ecologie – Les Verts qu’il allait “entamer des consultations avec tous les groupes [parlementaires] sur tous les sujets constitutionnels, pas uniquement sur le droit de vote, pour vérifier si nous avons la majorité des trois cinquièmes”.

La réforme du droit de vote des étrangers implique en effet une modification de la Constitution, possible uniquement selon deux modes opératoires : l’organisation d’un référendum ou l’obtention d’une majorité des trois cinquièmes des élus (députés et sénateurs) réunis en Congrès.

Le gouvernement pourrait donc être tenté de faire passer le droit de vote des étrangers dans l’examen par le Congrès d’une future réforme constitutionnelle aux contours et au calendrier encore flous.

Alain Vidalies, ministre des relations avec le Parlement, a expliqué dans la foulée du premier ministre que “l’idée est de ne faire qu’une seule réforme constitutionnelle”, mais “si la majorité des trois cinquièmes est possible, Jean-Marc Ayrault inclura le droit de vote des étrangers dans le paquet constitutionnel”.

“MESURE DE DIVERSION”

Promesse de la gauche depuis trente ans, le droit de vote des étrangers était jusqu’à présent porté essentiellement par le PS et son premier secrétaire Harlem Désir, alors que Matignon et l’Elysée s’étaient peu exprimés sur le sujet. M. Ayrault semble donc sortir de sa réserve et monter au front.

L’initiative ne réjouit pas pour autant le groupe parlementaire socialiste qui n’était pas au courant d’une telle avancée de Matignon. Le sujet n’a pas été évoqué ce matin lors du petit-déjeuner de la majorité en présence de M. Ayrault et des présidents des groupes parlementaires PS au Sénat et à l’Assemblée. Interrogé lors du point-presse du groupe, son président, Bruno Le Roux a d’ailleurs répondu aux journalistes : “Appelez Matignon”.

“On n’était pas du tout au courant. C’est délirant “, commente un poids lourd du groupe socialiste, estimant que “ce n’est pas le jour pour lancer” une telle nouvelle. Des députés socialistes reprochent au cabinet du premier ministre d’avoir voulu s’approprier le dossier en chantier depuis plusieurs semaines. “Cela va à l’encontre de la formule de François Hollande, je n’en comprends pas bien l’esprit”, s’étonne un cadre du PS. Le chef de l’Etat avait demandé à l’automne aux parlementaires socialistes de se saisir du sujet et d’aller chercher la majorité des trois cinquièmes.

A droite, qui pourfend depuis le début du quinquennat l’idée d’une telle réforme, Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée, a dénoncé aussitôt “une mesure de diversion” de la majorité et “une tactique consistant à systématiquement détourner les débats”, alors que les députés examinent à partir d’aujourd’hui le projet de loi sur le mariage pour tous. “Nous sommes opposés au droit de vote des étrangers et nous invitons le président de la République à avoir recours à un référendum sur ce sujet”, a ajouté M. Jacob.

source article et photo : lemonde.fr, le 29 janvier 2013

Orientation et formation professionnelle, les régions fixeraient le cap

10 February 2013 par  
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Un apprenti travaille le 4 février 2008 au centre de formation des apprentis de Tours (Indre-et-Loire).

Le ton est à l’indignation: ” Nous sommes atterrés. Le gouvernement accepte que l’orientation scolaire se décide en fonction des besoins des entreprises locales “ s’offusque Marie-Agnès Monnier, secrétaire nationale du syndicat national des enseignants du 2e degré (SNES). En effet, un élargissement des compétences des régions en matière de formation professionnelle, d’apprentissage et d’orientation, est prévu dans l’avant-projet de loi portant sur la décentralisation et la réforme de l’action publique que Le Monde s’est procuré. Une demande des régions qui réclament de longue haleine une meilleure adéquation entre orientation, formation et les besoins du tissu entrepreneurial des territoires.

“L’ORIENTATION A PERDU SON CAP

Dans un “souci de simplification” précise le texte, il est prévu de fusionner dans une seule instance les domaines liés à l’emploi, la formation professionnelle et l’orientation sous la houlette d’un conseil national. Dans les territoires, c’est l’exécutif régional qui se verrait transférer les centres de formation d’apprentis et devrait élaborer, en fonction des besoins locaux, “des contrats d’objectifs et de moyens” avec les autorités académiques. Enfin une partie du service public de “ l’orientation scolaire et professionnelle” sera décentralisée.”Les centres d’information et d’oriention (CIO) “seront transférés aux régions.”

Selon l’Association des régions de France (ARF), la rationalisation des politiques d’orientation et de formation est un levier nécessaire dans la bataille de l’emploi. “L’orientation a perdu son cap et multiplie les points d’accès sans souci de cohérence; l’insertion et l’accès à l’emploi sont noyés dans des réseaux d’acteurs souvent mal coordonnés. Il devient alors d’une complexité inouïe d’assurer l’efficacité des dispositifs d’orientation, de formation, d’emploi “ analyse la commission jeunesse de l’ARF, présidée par Philippe Meirieu (EELV), universitaire, spécialiste des questions d’éducation et vice-président de la région Rhône-Alpes.

NOCIVITÉ DES GUICHETS UNIQUES

Toutefois l’idée d’une fusion des services passe mal auprès des personnels de l’éducation nationale. Selon le SNES, “la création de guichets uniques” a “déjà fait la preuve de sa nocivité.” Le syndicat d’enseignants liste plusieurs des missions des actuels CIO qui seraient mises à mal par l’adoption du projet de loi en l’état: le relais pour le suivi des procédures d’orientation, le rôle d’observatoire des parcours des élèves, l’accueil des jeunes en situation de handicap… . “On risque de voir poindre, dans le cadre d’économies budgétaires régionale, la fusion de nos services avec Pôle emploi ou d’autres missions locales ” s’inquiète Marie-Agnès Monnier. “Mais nous n’avons pas les mêmes métiers”, souligne-t-elle.

Un rassemblement intersyndical, composé du SNES-FSU, de la CGT, SUD et SNASUB FSU, est prévu vendredi 8 février à Paris.

Source article et photo : lemonde.fr, le 7 février 2013

Le droit du travail entre en prison

9 February 2013 par  
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Fabien Arakélian, l’avocat d’une détenue, s’est réjoui d’une “décision révolutionnaire” pour les droits sociaux des travailleurs en prison.

Marilyn était payée entre 2,53 et 4,65 euros de l’heure. Un salaire misérable. Mais la décision qui a été rendue aujourd’hui par les prud’hommes de Paris va révolutionner son quotidien. La détenue demandait en effet à bénéficier des règles du droit du travail pour un emploi exercé en prison. Marilyn Moureau, 36 ans, détenue ayant travaillé pour la plateforme téléphonique MKT Societal, demandait notamment que soit reconnue comme licenciement la fin de sa collaboration avec l’entreprise.

Elle obtient à ce titre différentes indemnités devant le conseil des prud’hommes de Paris et la société est déclarée “employeur dans des conditions particulières”, une première pour le travail en prison, selon les avocats de la requérante.

Rappels de salaires et congés payés

Normalement, il n’existe pas de lien juridique entre l’entreprise et le détenu qui est uniquement dépendant de l’administration pénitentiaire. Il n’existe pas non plus de contrat de travail, mais un “acte d’engagement” entre le détenu et la prison qui fixe le cadre de sa mission. Ce faisant, les règles du droit au travail ne s’appliquent pas (smic, congés payés, assurance chômage, indemnité en cas d’arrêt maladie ou accident du travail).

Or Marilyn Moureau a obtenu des prud’hommes le paiement d’un préavis de licenciement (521,10 euros), des congés payés afférents (52,10 euros), ainsi que des indemnités pour “inobservation de la procédure de licenciement” (521,03 euros). Elle obtient également plus de 3 000 euros de dommages et intérêts, 2 358 euros de rappel de salaire et les congés payés correspondants.

“Un grand jour pour tous les détenus en France”

Cette détenue avait été employée comme téléopératrice par MKT Societal entre l’été 2010 et avril 2011 alors qu’elle était en détention provisoire à la maison d’arrêt de Versailles. Son rôle était de “vendre des freebox et de la fibre optique”, selon un de ses avocats Julien Riffaud. Elle avait ensuite été “déclassée” pour avoir passé des appels personnels pendant son temps de travail. “Si on devait licencier toutes les personnes qui passent des coups de téléphone sur leur lieu de travail, il n’y aurait plus beaucoup de salariés en France”, s’était amusé l’avocat de Marilyn.

“C’est un grand jour pour tous les détenus en France et j’appelle les pouvoirs publics à s’emparer très rapidement de cette question du travail en prison”, a réagi Me Fabien Arakélian, l’un de ses avocats, à l’issue du prononcé de la décision. “Le droit du travail entre en prison”, a-t-il ajouté. Reste à savoir si cette décision fera jurisprudence.

Source article et photo : LePoint.fr, le 8 février 2013.

La Taubiramania nous guette tous !

9 February 2013 par  
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Après dix jours de débat sur le mariage pour tous, on ne voit qu’elle. Christiane Taubira, la gêneuse du début du mandat de Hollande, est devenue une icône.

Aujourd’hui, Pascale, j’ai besoin d’un générique, celui de La Nouvelle Star. La Nouvelle Star, c’est elle, Christiane Taubira. Parce que, vous savez, un débat à l’Assemblée nuit et jour retransmis sur les chaînes parlementaires, c’est comme une émission de télé-réalité. Il y a un gagnant. Une gagnante, en l’occurrence. L’hémicycle n’a d’yeux et d’oreilles que pour Christiane Taubira, même la droite. Qui l’eût cru ? En mai, souvenez-vous, sa nomination au ministère de la Justice avait surpris tout le monde. L’UMP l’avait même identifiée comme un des maillons faibles du gouvernement. Neuf mois plus tard, son nom circule pour Matignon ; Manuel Valls, qui jusque-là était la star du gouvernement, commence à être jaloux de son aura médiatique ; elle est l’égérie des homosexuels : un site gay propose désormais des tee-shirts à son effigie ; et je ne parle même pas des députés socialistes, qui eux sont gagnés par la taubiramania.

Ils l’ovationnent quasiment tout le temps…

Il faut dire qu’elle assure le spectacle, avec de la voix, de la fougue, de l’intensité et de la repartie. Chaque jour, elle offre à l’Assemblée un moment d’éloquence. Hier, c’était avec David Douillet. La garde des Sceaux a envoyé le judoka au tapis. “Dans L’âme du conquérant, vous considérez que on dit que vous êtes misogyne : Oui, je suis misogyne, mais tous les hommes le sont, sauf les tapettes. (…) Cela devrait vous inciter à plus de nuance et de modestie !” Elle cite les mots de Douillet dans son autobiographie pour mieux les retourner contre lui !

Et encore, elle aurait pu lui réciter de la poésie…

C’est vrai qu’elle a le chic pour déclamer des vers dans l’hémicycle… Mardi, en réponse à Hervé Mariton, elle a déclamé du Léon-Gontran Damas, le poète de la négritude qu’elle aime tant. Et ça donne un vrai moment d’intensité. “Nous les gueux, nous les chiens, nous les rien, nous les maigres, nous les nègres… Qu’attendons-nous pour faire les fous, pisser un coup sur cette vie stupide et bête qui nous est faite ?” Une guerrière amoureuse de la poésie ! Ceux qui ne l’aiment pas – il y en a quand même – jurent qu’elle est incontrôlable ; ceux qui l’aiment qu’elle est libre. Un conseiller de l’Élysée m’a dit cette phrase étonnante : “Personne ne peut lui dicter ce qu’elle doit dire ou faire.” Personne, ça veut dire “pas même le président”.

Source : LePoint.fr, par Anna Cabana, le 8 février 2013.

Un français sur trois adhère aux idées du FN

9 February 2013 par  
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Un sondage révèle que le parti frontiste ne connaît pas de décrue post-électorale, même si une nette majorité de Français rejette ses solutions.

L’adhésion aux idées du FN se stabilise à son plus haut niveau (32 %) et son image s’améliore, notamment auprès des sympathisants UMP, mais une nette majorité de Français (67 %) n’envisage pas de voter “à l’avenir” pour le parti d’extrême droite et rejette ses solutions, selon le baromètre annuel de TNS-Sofres.

Selon ce sondage pour France Info/Le Monde/Canal+, 32 % de Français se disent “tout à fait” (6 %) ou “assez” (26 %) d’accord avec les idées du Front national, un chiffre en hausse d’un point sur un an, tandis que 63 % sont en désaccord (26 % “plutôt”, 37 % “tout à fait”). Dans l’historique des enquêtes similaires de l’institut, une adhésion à 32 % n’avait été atteinte qu’en octobre 1991. Elle se situait à 28 % en mai 2002 et a connu un bond de 14 points depuis 2010.

“Ce qui est frappant, c’est qu’il n’y a pas de décrue post-électorale” comme cela pouvait être le cas après les présidentielles de 1995 ou de 2002, souligne à l’AFP Emmanuel Rivière, directeur du département Opinion chez TNS-Sofres. L’analyste pointe une conjonction nouvelle entre “un niveau d’adhésion élevé aux idées frontistes, un étiage électoral haut (17,9 % à la présidentielle) et un niveau bas de ceux qui considèrent le FN comme un danger”.

Le parti d’extrême droite ne “représente un danger pour la démocratie” qu’aux yeux de 47 % de sondés (- 6), passant pour la première fois sous la barre des 50 %. Chez les sympathisants UMP, le chiffre passe à 39 %. De même, 35 % des sondés – 40 % à l’UMP – jugent désormais que le FN “est un parti qui a la capacité de participer à un gouvernement”, en hausse de 10 points sur deux ans. Si l’image du parti s’améliore, notamment sous l’impulsion de Marine Le Pen, “on n’est pas dans un phénomène de banalisation”, note Emmanuel Rivière.

Valeurs traditionnelles

Ainsi, une très nette majorité de Français, 81 %, n’adhère pas aux “solutions” que propose Marine Le Pen, même si 35 % d’entre eux adhèrent à ses “constats”. Seuls 12 % adhèrent “aux constats” et “aux solutions”. 63 % des sondés n’ont “jamais voté” et “n’envisagent pas de voter FN à l’avenir” et 4 %, s’ils disent avoir déjà glissé un bulletin FN dans l’urne, n’ont plus l’intention de le faire. Pour 27 %, c’est une hypothèse envisageable.

Les niveaux d’adhésion à des opinions rattachables au FN sont stables ou en légère hausse, à l’exception de l’idée selon laquelle “on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France”, qui culmine à 72 % (+ 9).

Si 54 % (+ 3) trouvent qu’”on accorde trop de droits à l’islam et aux musulmans en France” – 71 % chez les sympathisants UMP – et si 54 % (+ 3) jugent qu’”il y a trop d’immigrés en France” – 74 % chez les sympathisants UMP -, le rétablissement de la peine de mort perd encore un point, à 32 %, tout comme l’idée de supprimer l’euro et de revenir au franc, à 29 %. Seuls 24 % (+ 2) trouvent qu’”en matière d’emploi”, “on doit donner la priorité à un Français sur un immigré en situation régulière”, quand 73 % s’y opposent.

“Quand les mots d’ordre sont exclusifs au FN comme la sortie de l’euro ou la peine de mort, on note plutôt un repli”, selon Emmanuel Rivière. “Cela montre bien que c’est plutôt ce qui se passe au sein de l’UMP qui compte. Ses leaders aident à ce que les thématiques de l’immigration et de l’islam soient plus présentes, plus débattues et sans doute vécues comme plus problématiques”, explique-t-il. Dans ce contexte, 27 % des personnes interrogées souhaitent des alliances locales, “au cas par cas”, entre l’UMP et le FN, aux municipales de mars 2014 (37 % chez les sympathisants UMP) et 25 % sont favorables à un “accord national” entre les deux partis (37 % des sympathisants UMP) à ces élections.

“On est le contraire de l’extrême droite” (Collard)

Interrogé par Canal+ sur ce sondage montrant une adhésion aux idées du FN à son plus haut niveau (32 %), le député du Gard Gilbert Collard, élu sous les couleurs du Front national, a commenté : “Les électeurs jusqu’à présent avaient peur de se dire proches du FN.” Il y a eu la “diabolisation”, un “système instauré par un génie de la magouille politique qui s’appelait François Mitterrand”, “relayé par une très grosse entreprise médiatique”. “C’est vrai aussi que du côté du Front, on a parfois fait tout ce qu’il fallait”, a relevé l’avocat.

“On a tout fait pour nous présenter comme des gens dangereux”, a insisté Gilbert Collard. Mais “on n’a jamais été dangereux, pas plus aujourd’hui qu’hier. On est républicains, on est démocrates.” Il a récusé tout rattachement à l’extrême droite : “L’extrême droite, c’est un parti qui veut le renversement de la République et que le système parlementaire ne fonctionne pas. On est tout le contraire de ça !” a assuré le député.

Sondage réalisé du 24 au 28 janvier auprès d’un échantillon de 1.012 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus.

Source article et photo : LePoint.fr, le 6 février 2013.

Bras d’honneur : Longuet s’oppose au “procès de la colonisation” en Algérie

1 November 2012 par  
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Qu’est-ce qu’a bien pu vouloir exprimer Gérard Longuet en faisant un bras d’honneur à la fin d’une émission sur la chaîne Public Sénat ? L’ancien ministre UMP de la défense était l’invité de l’émission “Preuves par 3″ sur la chaîne parlementaire, mardi 30 octobre, pour débattre de l’ouverture du mariage aux homosexuels, auquel il est farouchement opposé. Il a effectué ce geste étonnant à la fin de l’émission, une fois le générique lancé et les micros coupés. Mais la caméra tournait encore…

Certains ont cru dans un premier temps que le bras d’honneur était destiné aux homosexuels. En fait, M. Longuet aurait voulu manifester son opposition sur un tout autre sujet.

“JE NE RENIE RIEN”

“Il a fait ce geste à la suite d’une anecdote racontée ‘off’ avec la journaliste, qui n’avait rien à voir avec le mariage gay ou avec l’émission”, a expliqué au site Puremédias.com Public Sénat, qui a retiré l’extrait. L’ex-ministre de la défense aurait en fait réagi à la publication d’une dépêche de l’AFP, indiquant que l’Algérie demandait une “reconnaissance franche des crimes perpétrés par le colonialisme français”.

C’est ce qu’a assuré le sénateur UMP au site de L’Express, démentant tout lien entre son geste et le mariage homosexuel. La chaîne Public Sénat a confirmé cette version des faits. L’ancien ministre de la défense a totalement assumé sa position, qu’il a même explicitée. “La France n’a pas à avoir honte de sa présence en Algérie pendant la colonisation, en tout cas c’est ma conviction”, a-t-il estimé. Et d’ajouter : “Refaire l’histoire, cent quatre-vingt-deux ans plus tard, ne permet pas d’aller de l’avant. Je souhaite une relation apaisée entre la France et l’Algérie, mais cela paraît impossible si à chaque fois que l’on se rencontre, on refait le procès de la colonisation.”

“Ce n’était pas un geste de communicant mais un geste personnel d’un homme indigné”, a-t-il encore affirmé à i>Télé. “Je ne renie rien”, a-t-il enfin déclaré à BFM TV mercredi, précisant qu’il s’agit selon lui d’un geste “populaire”, “de bon cœur”.

“GESTE GROSSIER ET INJURIEUX”

Dans un communiqué, le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, “a exprimé sa désapprobation après le geste grossier et injurieux que M. Gérard Longuet a adressé aux autorités algériennes”. “Jean-Pierre Bel estime que ce geste, de la part d’un ancien ministre, ne peut qu’entretenir la guerre des mémoires”, ajoute le texte, alors que François Hollande, dont M. Bel est un proche, doit se rendre au début de décembre en Algérie.

Le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a estimé sur son compte Twitter que “le geste de Gérard Longuet illustre malheureusement la brutalité vulgaire d’une certaine droite qui abîme trop souvent le débat républicain”.

Le président du cercle d’amitié franco-algérien, le Dr Adam Benahmed, s’est dit jeudi, au nom de l’ensemble des membres de cette association, “outré et scandalisé par le geste inélégant et de voyou” de l’ancien ministre UMP “envers le peuple algérien ami”.

“Il a bien fait”, a proclamé pour sa part sur LCI Gilbert Collard, l’un des deux députés élus en juin sous les couleurs du Front national. “J’espère que ce bras d’honneur a été tellement amplifié par les médias que ceux qui nous demandent de nous repentir l’ont reçu en pleine figure”.

Aucun responsable de l’UMP n’avait réagi jeudi.

CONTEXTE PARTICULIER

Ces propos interviennent en plein débat politique sur la manière de commémorer la guerre d’Algérie. A quelques semaines du voyage du président de la République en Algérie, prévu d’ici à la fin de l’année, le Sénat a examiné le 25 octobre une proposition de loi socialiste – à forte charge polémique – visant à faire du 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, en 1962, une “journée nationale du souvenir” en mémoire des victimes du conflit.

La gauche est pour, la droite est contre, et le gouvernement, conscient de la passion avec laquelle chaque camp défend sa position, est très embarrassé.

Par ailleurs, le 17 octobre, le président François Hollande a déclaré que “la République reconnaît avec lucidité” la répression “sanglante” de la manifestation d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Une reconnaissance fortement critiquée à droite.

“ALGÉRIE FRANÇAISE”

Gérard Longuet, qui a milité au sein d’Occident – un groupuscule d’extrême droite, pro-Algérie française – n’a jamais caché ce passé sulfureux. “Pour des raisons personnelles, j’étais Algérie française et anticommuniste. (…) J’assume avoir été d’extrême droite. On s’est simplement trompés sur le modèle colonial, qui ne pouvait perdurer”, précisait-il aussi au Monde, en 2005.

L’ancien ministre, qui soutient aujourd’hui François Fillon dans la course à la présidence de l’UMP, n’en est pas à son premier coup d’éclat. En mars 2010, celui qui était alors le patron des sénateurs UMP avait déclenché une polémique en jugeant préférable de nommer à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) quelqu’un du “corps français traditionnel” plutôt que le socialiste Malek Boutih.

En mai, le ministre de la défense a encore jugé dans l’hebdomadaire d’extrême droite Minute que Marine Le Pen était un “interlocuteur” avec qui “il sera désormais possible de parler des sujets difficiles” contrairement à son père, suscitant un tollé à gauche.

Source de l’article : lemonde.fr, le 1er novembre 2012

Mort de Zyed et Bouna : la perspective d’un procès se dessine

1 November 2012 par  
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Presque sept ans jour pour jour après la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois, point de départ des émeutes en banlieue en 2005, la Cour de cassation a cassé le non-lieu prononcé en faveur de deux policiers, mis en examen pour “non-assistance à personne en danger”.

La possibilité d’un nouveau procès. La Cour de cassation a annulé ce mercredi le non-lieu qui avait été prononcé en faveur de deux policiers dans l’enquête sur la mort de Zyed et Bouna en 2005 à Clichy-sous-Bois. Le dossier va être transmis à la cour d’appel de Rennes qui décidera de renvoyer, ou non, l’affaire devant le tribunal de Bobigny.

Les familles des victimes avaient porté plainte contre les deux fonctionnaires pour non-assistance à personnes en danger. Au centre de cette accusation, une phrase, prononcée par l’un des policiers lors des échanges radio le soir des faits: “s’ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau.” C’est justement cette phrase qui aurait poussé la Cour de cassation a cassé le non-lieu, estimant que la cour d’appel de Paris n’avait pas tenu compte de ces écoutes.

“Nous sommes aujourd’hui certains que ces deux enfants sont des victimes, a déclaré Me Patrice Spinosi, qui défend les familles Benna et Traoré, quelques minutes après l’annonce de la nouvelle. Avant d’ajouter: “Il ne s’agit pas de mettre en cause les policiers mais de faire la lumière sur cette affaire.”

Au Palais de justice de Paris, Samir Mihi, président de Au-delà des mots, association créée par les amis de Zyed et Bouna, s’est réjoui de cette décision. “Au bout de sept ans, on n’y croyait plus, c’est un véritable soulagement. Désormais, les familles Benna et Traoré sont, à leur tour, considérées comme des victimes. (…) Cela prouve qu’il y a une justice pour tous et pas seulement pour ceux qui habitent Paris.” Même sentiment chez Syaka Traoré, le frère de Bouna, également présent ce mercredi. “On va pouvoir aller de l’avant, a-t-il commenté. On attend des explications et que tout le monde soit entendu pour comprendre ce qui s’est passé.”

“Stratégie de flicophobie”

“Mes clients n’ont pas peur de s’expliquer, car ils sont convaincus qu’ils n’ont rien à se reprocher, a immédiatement réagi Me Daniel Merchat, avocat des policiers incriminés. Concédant qu’il avait été surpris que la Cour ne suive pas l’avis du parquet qui avait requis le rejet du pourvoi, il a dénoncé “une stratégie de flicophobie et de flicophagie”.

Lors de l’audience, le 3 octobre dernier, l’avocat général, Patrick Bonnet, avait estimé que “les fonctionnaires avaient “bien connaissance d’un danger, mais pas d’un péril imminent”.

Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, avaient péri électrocutés le 27 octobre 2005 dans un transformateur EDF où ils s’étaient réfugiés. Leur mort avait été le détonateur de violences urbaines qui s’étaient étendues à l’ensemble des banlieues françaises.

Source : lexpress.fr, Caroline Politi, le 31 octobre 2012

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